Otary Club – Charles Poitevin

[Livre] Otary Club

Résumé.
Un matin, la mère de Charles le vire de la maison. Elle ne peut plus supporter de voir tous les jours ce fils fainéant, obsédé sexuel, fumeur de joints, bref inutile. Et pour être bien sûre de ne plus avoir à le supporter, elle lui trouve même un job à l’autre bout du monde, dans une mission humanitaire aux îles Fidji. « Va voir là-bas, et prends ton temps… »
Charles débarque donc dans un village assommé de chaleur et découvre un melting pot qui vire bien vite au bouillon de culture : habitants obèses, alcooliques et exploités, Allemands à la recherche d’une cause pour sauver leur vie du naufrage, dealers méfiants, gamins paumés…
Et pourtant, après des litres d’alcool local, des cuites homériques et des heures passées sur un chantier inutile, Charles trouvera une rédemption, une dignité qu’il avait perdue de vue pendant toutes ces années consacrées à la drague et aux joints.
Otary Club relate ce voyage avec un ton inédit, une langue cynique et dévastatrice. Dès la première ligne du récit, Charles Poitevin installe un style « oral », agressif, direct. Une énergie rare qui le propulse sur le même ring que Bukowski, Henry Miller, John Fante. « On ne voyage pas pour découvrir le monde ou ce genre de mythe romantique, on voyage parce qu’on a des problèmes. C’est aussi simple que ça, » a écrit Nicolas Bouvier. Otary Club confirme.

*

Mon avis.
Une histoire bien simpliste avec une leçon de vie en fond : Charles est envoyé dans un camp humanitaire pour tenter de changer, nous offrant alors un journal de bord peu persuasif.

Il mange, dort, rencontre des gens qu’il n’a pas envie de voir, fume, boit et se plaint. Seulement quelques moments sont intéressants lorsqu’il se rend réellement compte de ce qui l’entour et de qui sont réellement les gens au-delà de leur apparence.

La forme du livre concernant les dialogues m’a énormément gêné. Ils sont en majuscules, mélangés dans le texte et sans coupure ce qui fait que je ne savais pas qui parlait. L’anglais utilisé étant assez simple, j’ai pu comprendre ce qui était dit mais les différentes déformations de mots dues aux accents étrangers des protagonistes n’aidaient pas.

Il ne se passe pas grand-chose et il n’y a pas vraiment de fin, de quoi nous laisser déroutés car on ne comprend pas bien où l’on a voulu nous mener. L’histoire aurait pu être réellement intéressante par son sujet qui remet en cause les projets humanitaires au profit de leur organisateur et au dépend des habitants.
Un livre peu prenant qui ne m’a malheureusement pas interpellé.

Un grand merci à Libfly, au Furet du Nord et aux éditions Rue fromentin pour ce livre.

*

Ma note.
[Note] 2

*

*

[Autre] Rentrée littéraire

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8 commentaires sur « Otary Club – Charles Poitevin »

  1. Pas hyper emballé non plus par ce livre… Sur le petit monde des coopérants, j’ai nettement préféré « Déroutes » de l’auteur suisse Laure Lugon Zugravu.

    1. bonjour,
      je viens de terminer OTARY CLUB et j’ai bien ri . et j’ai découvert une écriture. merde ce type est un vrai écrivain ! avec un style poétique , unique, cru parfois ( ha le cul des filles! mais on ne lui en veut pas on a compris qu’il les aime les filles … ) waouh ces images qui vous explosent à la figure (  » … j’avais l’impression d’avoir été épinglé au milieu d’un dessin d’un gosse de maternelle. »)
      on peut certes avoir un peu de mal avec les MAJUSCULES qui sont la marque des dialogues et qui donnent l’impression qu’ils se GUEULENT dessus mais finalement cela donne bien le sentiment d’ ahurissement, voire la difficulté à communiquer et le manque de compréhension .
      il y a du Lost translation dedans mais version roots , trash et prolo. Il me rappelle Fante pour le côté naif , roublard et drôle du personnage. un auteur français est en train de naître et ça fait du bien dans la médiocrité ambiante. qu’on se le dise.

  2. Ce n’est pas un livre à thèse et surtout pas sur le « petit monde des coopérants » ni d’ailleurs sur les « projets humanitaires ». De ce point de vue où vous vous placez il ne peut pas être intéressant. Mais, il l’est si, déroutés (sortis de route, éjectés des habitudes,du consensus et de la connivence) vous rebroussez chemin et vous demandez pourquoi vous avez perdu pied.
    Consentez à relire ce que d’aucuns appellent une billevesée (une baliverne) :

    « C’était terriblement vert, c’était beau, c’était vert, d’un vert incroyable, d’un vert inconnu, d’un vert qui était rouge à l’intérieur, d’un vert plein de sang de jus de sève, de pulsations, un vert à en perdre la tête, un vert plus puissant que n’importe quel vert qu’il m’avait été donné de voir dans ma vie, un vert à faire pâlir tous les peintres du vert, un vert insaisissable, un vert qui n’était pas une couleur, un vert qui était comme quelqu’un, une force prodigieuse. »
    Et en écho : « … ce putain de vert qui parfois se faisait oublier, vous ressautait à la gorge quand vous le fixiez trop longtemps, il vous faisait entrer en dedans de vous-mêmes, vous cacher dans un petit recoin et dans le même temps exacerbait tous les appétits humains. »

    Etes vous réellement insensibles à cela, où est-ce d’abord l’intrigue qui vous retient ?
    Vous dîtes « Il ne se passe pas grand-chose et il n’y a pas vraiment de fin ». On peut aimer Agatha Christie comme c’est mon cas mais cela ne conduit pas nécessairement à détester un roman qui n’a pas pour but qu’il se passe des choses, et pourtant il s’en passe, et dont la fin est un commencement : « Lautoka hôtel ».

    Nouvel entrant dans la « blogosphère », à cause de ce livre, j’ai, ailleurs, laissé éclater ma colère en contre non pas des avis défavorables avancés mais d’une évidente ou retorse malveillance. Je ne suis pas l’auteur, je ne suis pas non plus la voix de l’auteur ni celle de l’éditeur, je ne suis pas un ami, je suis un proche parent, c’est plus vif. Il est normal que je sois plus offensé qu’un autre par la légèreté de gens qui ne semblent pas savoir le mal qu’ils font ou, pire, qui s’en repaissent et vont disséminer à droite à gauche leur « ressenti » sans plus de rigueur que ça. J’attends plus de la critique littéraire.

    Et puis, attention aux trop petites idées qui nourrissent de trop grandes certitudes. Le livre de Charles en témoigne. Et ce livre est beau. Acceptez que dans l’art tout ne soit pas issu du même moule.
    Je dis que ce livre est troublant, beau, inhabituel, tant bien même me rétorquera-t’on que je ne peux pas être impartial puisque trop proche de l’auteur, auquel cas ce serait offenser quarante années de culture littéraire et philosophique… Bien entendu, je ne me fais pas d’illusions, je ne peux pas vous avoir convaincue, mais si vous le voulez bien, acceptez d’avoir été l’occasion éphémère de pouvoir apaiser ma colère en la sublimant, et acceptez mes salutations.

  3. Depuis quand on est critique littéraire ? Moi qui pensais que nous étions des lecteurs qui donnent notre avis sur un livre…
    Peu importe qu’on soit un proche de l’auteur ou pas, il faut savoir respecter l’avis du lecteur qui n’a pas été touché par un livre. ça arrive. Tessa n’a fait que nous donner son avis, elle n’a pas aimé, c’est son droit. et il convient de le respecter. Et j’ajouterai qu’avec une telle propagande sur les blogs qui n’ont pas aimé le livre, vous faites plus de tort à votre proche auteur qu’autre chose… à bon entendeur…

  4. 1) Nous ne sommes pas des critiques professionnels, mais des lecteurs qui écrivent des billets de lecture.
    2) Quand on publie quelque chose, on s’expose aux critiques, fussent-elles partiales, et on en prend son parti. Et quand on est le proche parent d’un auteur, on évite de lui nuire en voulant trop le défendre. A son livre de trouver son public.

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